Comment réagir en cas de surdose suspectée en attendant les secours

Comment réagir en cas de surdose suspectée en attendant les secours
  • déc., 23 2025
  • 13 Commentaires

Que faire si vous pensez qu’une personne a fait une surdose ?

Vous rentrez chez vous et trouvez un ami inconscient, avec des lèvres bleues, qui ne respire pas normalement. Ou vous êtes dans un parc et voyez quelqu’un qui gémit, les yeux révulsés, la peau moite. Votre premier réflexe ? Appeler les secours. Mais entre le moment où vous appuyez sur le bouton et l’arrivée des ambulanciers, ce qui se passe maintenant peut sauver une vie. Une surdose n’attend pas. Chaque seconde compte. Et vous, en tant que témoin, êtes la première ligne de défense.

Ne perdez pas de temps à chercher des preuves

Ne vous arrêtez pas pour vérifier si c’est vraiment une surdose. Si la personne est inconsciente, ne répond pas quand vous lui parlez, ne réagit pas à une pression sur le sternum, et respire de manière irrégulière - grognements, soupirs, ou pas du tout - c’est une urgence. Vous n’avez pas besoin de savoir quel produit elle a pris. Les signes d’une surdose aux opioïdes (comme l’héroïne, le fentanyl ou les comprimés prescrits) sont souvent les mêmes : respiration lente ou absente, peau pâle ou bleuâtre, pupilles très petites (mais pas toujours - le fentanyl peut ne pas les rétrécir). Pour les stimulants (cocaïne, méthamphétamine), la personne peut être hyperactive, trembler, avoir la peau chaude, ou au contraire s’effondrer brutalement. L’alcool peut provoquer une respiration sifflante, une perte de contrôle des muscles de la gorge. Ne cherchez pas la cause, agissez.

Appeler les secours - tout de suite

Beaucoup pensent : « J’ai du naloxone, je vais le lui administrer, ça va suffire. » C’est une erreur. Même si vous avez du naloxone, appeler les secours est la première chose à faire. Pourquoi ? Parce que le naloxone ne dure que 30 à 90 minutes. Si la substance est puissante comme le fentanyl, la personne peut retomber dans une surdose après que le naloxone ait disparu. Les secours peuvent lui donner une dose prolongée, la surveiller, la mettre en sécurité. Et si ce n’est pas une surdose aux opioïdes ? Le naloxone ne fera rien, mais les secours sauront quoi faire. En France, composez le 15 (SAMU) ou le 112. Ne raccrochez pas. Restez en ligne. Ils vous guideront pendant que vous agissez.

Positionnez-la en position latérale de sécurité

Si la personne respire, même mal, mettez-la en position latérale de sécurité. C’est simple. Tournez-la doucement sur le côté, en la soutenant par les épaules et les hanches. Pliez la jambe la plus haute à 90 degrés pour la stabiliser. Tenez sa tête pour qu’elle repose bien, le menton légèrement relevé - ça garde les voies respiratoires ouvertes. Si elle vomit, cette position l’empêchera de s’étouffer. Ne la laissez jamais allongée sur le dos. Même si elle semble calme, son corps peut s’affaisser et bloquer sa respiration. Faites-le en moins de 15 secondes. C’est plus important que de chercher votre téléphone.

Une main administre un spray de naloxone dans la narine d'une personne inconsciente.

Si elle ne respire pas : donnez des respirations de secours

Si elle ne respire pas, ou si ses respirations sont rares et superficielles (moins de 10 par minute), commencez les respirations de secours. Allongez-la sur le dos. Ouvrez sa bouche, vérifiez qu’il n’y a pas d’objet bloquant. Pincesz-lui le nez. Posez votre bouche sur la sienne, faites un joint étanche. Donnez un souffle lent, d’environ une seconde, jusqu’à ce que vous voyiez sa poitrine se soulever. Attendez, laissez l’air sortir naturellement. Puis donnez un autre souffle toutes les 5 à 6 secondes. Pas plus vite. Pas trop fort. Si vous voyez son ventre se gonfler, vous poussez trop fort - ça peut lui faire vomir. Continuez jusqu’à ce qu’elle respire seule, ou que les secours arrivent. Ne faites pas de compressions thoraciques sauf si elle n’a plus de pouls. Dans une surdose, c’est la respiration qui échoue en premier. La respiration artificielle seule peut la sauver.

Utilisez le naloxone - si vous l’avez

Le naloxone est un médicament qui bloque les opioïdes dans le cerveau. Il ne marche que sur les surdoses d’opioïdes - pas sur l’alcool, la cocaïne ou les benzodiazépines. Mais si vous soupçonnez un opioïde, administrez-le. En France, il est disponible sans ordonnance en pharmacie depuis 2023. La forme la plus facile à utiliser est le spray nasal. Tenez la tête de la personne bien droite. Insérez l’embout dans une narine. Appuyez fermement pendant 2 à 3 secondes. Si vous n’avez qu’un seul spray, utilisez-le dans une narine. Si elle ne reprend pas conscience après 2 à 3 minutes, donnez une deuxième dose dans l’autre narine. Ne perdez pas de temps à chercher une deuxième dose avant d’attendre. Le naloxone ne remplace pas les secours. Il peut la réveiller, mais elle a besoin d’un suivi médical.

Ne faites pas ce que tout le monde croit

Ne la mettez pas sous une douche froide. Ne la secouez pas. Ne lui donnez pas de café. Ne la laissez pas « dormir » en espérant que ça passera. Ces gestes sont dangereux. Une douche froide peut provoquer un choc cardiaque, surtout en cas de surdose de stimulants. Secouer quelqu’un peut endommager son cou ou sa colonne. Le café n’annule pas l’effet de l’alcool ou des drogues - il peut même augmenter la pression artérielle. Et dormir ? Une personne en surdose ne dort pas. Elle est inconsciente. Et si elle ne respire pas, elle peut mourir en quelques minutes. Ne confondez pas sommeil et coma.

Un groupe de témoins secourt une personne en surdose dans un parc, en attendant les secours.

Restez avec elle jusqu’à l’arrivée des secours

Même si elle reprend conscience, ne la laissez pas seule. Elle peut retomber. Elle peut avoir des convulsions. Elle peut être confuse, agitée, ou pleurer. Restez à côté d’elle. Parlez-lui doucement. Dites-lui que les secours arrivent. Notez l’heure à laquelle vous avez donné le naloxone. Dites aux secours tout ce que vous savez : qu’elle a pris quoi (si vous le savez), quand, combien. Même des détails comme « elle a tremblé » ou « elle a vomi » aident. Les secours ont besoin de ces informations pour choisir le bon traitement.

Vous n’êtes pas responsable - mais vous êtes essentiel

Beaucoup hésitent à intervenir parce qu’ils ont peur d’être punis. En France, la loi protège les témoins qui aident en cas d’urgence. Il n’y a pas de risque légal à appeler les secours pour une surdose. Le vrai risque, c’est de ne rien faire. Une étude du CDC montre que les personnes aidées par un témoin formé ont jusqu’à 50 % de chances en plus de survivre. Vous n’avez pas besoin d’être un médecin. Vous avez besoin d’être présent. De rester calme. De faire les gestes simples. Ce que vous faites maintenant, c’est ce que les médecins appellent « la chaîne de survie ». Et vous en êtes le premier maillon.

Préparez-vous avant qu’il ne soit trop tard

Vous pouvez faire plus que réagir. Vous pouvez vous préparer. Apprenez la position latérale de sécurité. Regardez une vidéo de 5 minutes sur les respirations de secours. Demandez à votre pharmacien un spray de naloxone - il vous l’expliquera gratuitement. Gardez-en un chez vous, dans votre sac, dans votre voiture. En 2023, plus de 12 000 surdoses ont été inversées en France grâce à des témoins formés. Vous pouvez faire partie de ce chiffre. Pas parce que vous êtes courageux. Parce que vous êtes là.

Le naloxone peut-il être utilisé pour une surdose d’alcool ou de cocaïne ?

Non. Le naloxone ne fonctionne que sur les surdoses aux opioïdes, comme l’héroïne, le fentanyl ou les antidouleurs prescrits. Il n’a aucun effet sur l’alcool, la cocaïne, la méthamphétamine ou les benzodiazépines. Si vous ne savez pas ce que la personne a pris, mais qu’elle est inconsciente et ne respire pas, donnez-le quand même - il ne fera pas de mal. Mais n’attendez pas pour appeler les secours.

Que faire si je n’ai pas de naloxone ?

Appuyez sur le bouton 15 ou 112 immédiatement. Ensuite, placez la personne en position latérale de sécurité si elle respire. Si elle ne respire pas, donnez des respirations de secours toutes les 5 à 6 secondes. Continuez jusqu’à l’arrivée des secours. La respiration artificielle seule peut sauver une vie. Le naloxone est utile, mais pas indispensable.

Une personne peut-elle se réveiller toute seule après une surdose ?

C’est rare, et extrêmement dangereux de compter dessus. La plupart des décès par surdose surviennent parce que les témoins pensent que la personne « dort juste ». Mais une personne en surdose ne dort pas - elle est inconsciente. Sa respiration peut s’arrêter à tout moment. Même si elle semble reprendre conscience, elle peut retomber dans le coma. Ne laissez jamais quelqu’un seul après une surdose suspectée.

Comment reconnaître une surdose aux stimulants ?

Les signes incluent une agitation extrême, une transpiration abondante, une température corporelle élevée (plus de 40°C), des tremblements, des convulsions, ou au contraire, un effondrement soudain avec perte de conscience. La peau peut être chaude et rouge. Contrairement aux opioïdes, les pupilles sont souvent dilatées. Le traitement principal est de refroidir la personne (avec des linges humides, pas de glace) et de la mettre en position latérale. Ne lui donnez pas d’eau en grande quantité - ça peut être dangereux.

Est-ce que je peux être poursuivi si je donne du naloxone à quelqu’un ?

Non. En France, la loi protège les personnes qui interviennent en cas d’urgence médicale, même si elles ne sont pas professionnels. Donner du naloxone, appeler les secours, ou faire des respirations de secours est protégé par le principe du « devoir de secours ». Vous ne risquez aucune sanction légale pour avoir tenté de sauver une vie.

13 Commentaires

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    Suzanne Brouillette

    décembre 23, 2025 AT 14:18
    Merci pour ce guide ultra-clair 🙏 J’ai gardé un spray de naloxone dans mon sac depuis que mon cousin a eu un accident il y a deux ans. Mieux vaut l’avoir et ne pas en avoir besoin que l’inverse.
    On peut le demander en pharmacie sans honte - c’est comme un désinfectant, mais pour les vies.
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    Jérémy Dabel

    décembre 23, 2025 AT 14:31
    jai jamais su ke le naloxone etait dispo sans ordonnance… jai cru ke c’etait juste pour les medecins. merci pour l’info j’vais passer en pharma desormais.
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    Guillaume Franssen

    décembre 24, 2025 AT 06:47
    OHHHH MON DIEU J’AI VU UN TYPE S’EFFONDRE DANS LE MÉTRO L’AN DERNIER ET J’AI PAS FAIT QUOI QUE CE SOIT 😭 J’ÉTAIS TROP PEUR DE M’IMPLIQUER…
    Je viens de télécharger une vidéo sur la position latérale de sécurité. J’vais la regarder 3 fois cette semaine. Personne devrait vivre avec ce genre de regret. Merci pour ce post, vraiment.
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    Élaine Bégin

    décembre 25, 2025 AT 19:19
    Vous êtes tous trop gentils. La vraie question c’est pourquoi la France ne distribue pas ce truc gratuitement dans les rues comme en Suisse ? On parle de vies, pas de pétitions. Arrêtez de juste liker et commencez à manifester.
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    Jean-François Bernet

    décembre 27, 2025 AT 02:54
    Je suis désolé, mais je dois le dire : si quelqu’un fait une surdose, c’est qu’il a choisi de se tuer. Pourquoi on doit tout faire pour le sauver ? C’est pas un peu de la complicité ?
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    Cassandra Hans

    décembre 27, 2025 AT 18:34
    Je ne peux pas croire que vous encouragez les gens à donner du naloxone sans connaître la substance… C’est irresponsable. Et si c’est une réaction allergique ? Ou un AVC ? Vous ne pensez pas que ça pourrait aggraver la situation ?
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    Caroline Vignal

    décembre 28, 2025 AT 14:29
    STOP. Juste… STOP. On parle de vies. Pas de théorie. Pas de peur. Pas de jugement.
    Appelle 15. Position latérale. Respirations. Point.
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    olivier nzombo

    décembre 29, 2025 AT 04:17
    Je trouve ça triste qu’on doive apprendre ça en 2025. 🥲 On vit dans un pays où les gens meurent parce qu’ils ont peur d’appeler les secours…
    Et pourtant, on parle de l’alcool, du tabac, du sucre… mais pas de ça. C’est une crise silencieuse. Et on la cache derrière des mots comme ‘problème personnel’.
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    Raissa P

    décembre 30, 2025 AT 21:50
    La vie est une épreuve. La surdose ? C’est juste une étape. Peut-être que cette personne doit traverser cela pour atteindre l’éveil. Je ne dis pas de ne pas aider… mais peut-être que ce n’est pas à nous de sauver chaque âme qui se perd. L’univers a son plan.
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    James Richmond

    décembre 31, 2025 AT 04:12
    Je comprends l’intention. Mais franchement, si tu vois quelqu’un comme ça, c’est qu’il a déjà perdu. Tu ne peux pas sauver quelqu’un qui ne veut pas être sauvé.
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    theresa nathalie

    janvier 1, 2026 AT 23:41
    je sais pas pourquoi vous faite tout un fromage pour ca… moi jai deja vu des gens qui s’effondre et apres 20 min ils se reveillaient comme si de rien etait… donc peut etre que c’est pas toujours une urgence ?
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    Pauline Schaupp

    janvier 3, 2026 AT 03:25
    La prévention et l’éducation sont les piliers d’une société plus humaine. Il est essentiel que les programmes de sensibilisation aux surdoses soient intégrés dans les écoles, les centres de loisirs, les lieux de travail.
    Chaque citoyen devrait avoir accès à une formation de base en premiers secours, incluant la gestion des surdoses. Cela ne nécessite pas de compétences médicales avancées, seulement de la formation, de la confiance et de la répétition.
    Les gestes simples, répétés jusqu’à l’automatisme, transforment des témoins en sauveurs. Et c’est là que réside la véritable force d’une communauté : la capacité à agir ensemble, sans hésitation, sans peur.
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    Nicolas Mayer-Rossignol

    janvier 3, 2026 AT 12:51
    Ah oui, bien sûr. On va tous devenir des héros en 5 minutes de lecture.
    Et si je te dis que je suis un pilote de chasse ? C’est pareil : j’ai lu un article sur les avions, donc je peux décoller.

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